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Avec Kochka, à la découverte du métier d'écrivain (logo)Avec Kochka, à la découverte du métier d’écrivain

Nous avons correspondu pendant trois mois avec un écrivain, Kochka, pendant l’écriture d’un de ses livres que nous lisions au fur et à mesure de sa production. Voici ce qu’elle nous a dit de son métier.

Bonjour Kochka,

Nous sommes les élèves de la classe de CE2 de l’école Georges Brassens à Ploeren dans le Morbihan. Nous sommes 30. Avec notre maître, Yves Simon, nous sommes très contents de pouvoir communiquer avec vous.

Bonjour au 30 que vous êtes et à votre maître, Yves Simon,

Comment avez-vous fait pour devenir écrivain et faites-vous un autre métier ?

Pour devenir écrivain, j’ai pris mon courage à deux mains un jour et j’ai tenté d’écrire un roman : la fille aux cheveux courts. J’ai eu la chance qu’il intéresse un éditeur, Thierry Magnier, et j’ai eu la chance d’être invitée grâce à ce roman dans des classes… Et j’ai tellement aimé ça que j’essaye de continuer. Ca fait 12 ans maintenant. Avant j’étais avocate, mais je n’exerce plus ce métier.

Comment avez-vous choisi votre histoire ?

Comment ai-je choisi mon histoire ? J’ai eu envie de parler d’enfermement et de solitude, et je voulais en parler dans un conte. Et puis, par le plus grand des hasards j’ai relu une nouvelle que j’avais déjà lue autrefois d’un auteur qui est mort aujourd’hui et qui s’appelle Jules Supervielle. Cette nouvelle s’intitule « L’enfant de la haute mer » et raconte l’histoire d’une fille seule au milieu de l’océan. Alors je me suis dit pourquoi ne pas de mon côté mettre une mère et une fille seules au milieu des bois… Et petit à petit mon imagination s’est emparée de tout ça et ça a donné le début que vous avez lu.

Combien de pages écrivez-vous par jour ?

Pour ce qui est du nombre de pages que j’écris chaque jour. J’essaye de faire au moins une page, c’est à dire environ 1.200 caractères. Un caractère c’est une lettre, ou un espace entre deux mots, ou un signe de ponctuation. Comme ça en 8 ou 9 jours j’ai écris mes 10.000 signes, puis, les jours suivants, je me relis et je peaufine, c’est à dire que j’essaye de rendre mon texte plus beau… Cela dit, j’ai un petit bébé, et il y a des jours où je n’arrive pas à faire grand chose, alors je mets les bouchées doubles le lendemain, j’essaie de faire deux fois plus…*

N’écris-tu que des romans ?

Je n’écris pas que des romans, j’écris aussi des albums (c’est plus court et c’est illustré), par exemple pour votre niveau chez Nathan, il y a « Le marchand de glace à la vanille ». Sinon j’ai aussi écrit un documentaire sur la vie de trois enfants au Liban, « Joumana, Omar et Alia vous invitent au Liban » car je suis d’origine libanaise. Et puis chez Flammarion j’ai écrit un album de petites poésies. Le titre de cet ouvrage c’est : « Poésie dans l’air et dans l’eau » et toutes les rimes des petits poèmes sont en son « R » et en son « O ».

Est-ce que tu aimes tes livres ? Est-ce fatigant d’écrire un livre ? Est-ce long ?

Si c’est fatigant d’écrire un livre ? Oui, c’est un peu comme une course de fond. Il faut tenir sur la durée. Ne pas se décourager. Ne pas parler pour ne rien dire. Il faut aussi avoir des idées. Il faut laisser l’histoire doucement se fabriquer. Ne pas vouloir être pressé. Réécrire ses phrases jusqu’à ce qu’on soit convaincu. Sans cesse recommencer. Parfois j’écris une page pendant une journée et quand je me relis le lendemain, j’efface plus de la moitié. Parfois même j’efface tout… Cela dit, même si c’est fatigant c’est un travail qui me convient et qui me rend heureuse.

Sais-tu combien il y aura de chapitres et pourquoi fais-tu des chapitres aussi courts ?

Je ne sais pas encore combien il y aura de chapitres parce que même si j’ai avancé un peu, je n’ai pas encore fini. Mais, si je fais des chapitres courts c’est parce que vous êtes de jeunes lecteurs, ça vous permet de faire des pauses… Moi j’aime bien les pauses… Trouvez-vous ça dérangeant ?

Aimes-tu tes livres quand ils sont finis ?

Bien sûr que je les aime, j’essaie d’y mettre tout mon cœur…D’ailleurs je ne propose aux éditeurs que les histoires dont je suis satisfaite, les autres s’endorment dans l’ordinateur… Parfois je les réveille, je les relis, et je les améliore… Et parfois je ne les réveille pas…

As-tu facilement des idées pour écrire tes histoires ?

Les idées, ça va ça vient… Ca dépend des jours. Certaines histoires viennent toute seules, comme si elles étaient prêtes dans un coin de moi, et d’autres résistent, me demandent beaucoup d’efforts et de patience…

Passes-tu beaucoup de temps par jour à travailler ?

Avant la naissance de mon petit dernier, j’essayais d’écrire au moins 6 heures par jour. Avec lui qui a un an, c’est plus difficile, j’écris dès que je peux. Parfois la nuit.

Ton travail est-il difficile ?

Mon travail n’est pas facile. Parfois je n’ai pas d’idées alors mes histoires s’arrêtent, je n’arrive plus à les continuer. Parfois les éditeurs les refusent alors que je les trouvent jolies et ça fait enrager… Cela dit, aucun travail n’est facile quand on veut bien le faire…. Donc non il n’est pas facile, mais je l’aime !

Que voulais-tu faire enfant ?

Enfant, je voulais être institutrice, mais après le bac j’ai raté le concours, alors j’ai fait des études de droit et suis devenue avocate. Puis, comme je n’avais pas pu enseigner aux enfants, un jour j’ai décidé de leur écrire des histoires.

Est-ce que tu t’énerves parfois en écrivant ?

Oui ça m’arrive de m’énerver, quand je n’ai plus d’idées et que les histoires sont bloquées. Dans ces cas-là, il vaut mieux que j’aille me promener. Parfois les idées reviennent en marchant.

As-tu déjà des idées pour une autre histoire ?

Non, pour l’instant je n’ai pas vraiment d’idée, et d’ailleurs ça m’énerve un peu. Ce que j’aimerais c’est que ça se passe à la mer…

Pourquoi as-tu choisi le nom de Kochka et pourquoi ton vrai nom reste-t-il secret ?

Kochka est un pseudonyme qui signifie en russe : Le Chat. C’est tout une histoire que je vais résumer très vite. En fait c’est un papa qui m’a donné ce surnom à cause de ma voix que vous ne connaissez pas. Ce monsieur est russe et nous avons, parce que nos deux fils se ressemblent, été mis en contact. Je ne l’ai jamais vu, cet homme, mais nous avons longuement parlé au téléphone… Bref, il m’a donné ce surnom là à cause de ma voix, m’expliquant que j’avais une voix particulière qui lui faisait penser à celle d’un chat… Cet homme est un poète dans son pays… Les poètes sont sans doute des gens un peu bizarres… Et il se fait qu’à ce moment je cherchais justement un nom d’auteur pour publier mon premier roman ; c’était il y a 13 ans, et je me suis : tiens pourquoi pas celui-là !

Voilà, un grand merci encore pour toutes les réponses apportées et pour le soin apporté à répondre. Nous te souhaitons de vite trouver une autre histoire pour ne plus être énervée ! Nous avons eu beaucoup de plaisir à correspondre avec toi et nous attendions toujours avec impatience le texte, mais aussi tes réponses !

Au revoir.

La classe et Yves Simon

A moi maintenant de vous souhaiter des choses : beaucoup d’amour ! Beaucoup d’attentions aux autres ! Beaucoup d’histoires ! Et pleins de beaux chemins sur la terre !

Au revoir à tous, je vous embrasse !

Kochka

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