À la découverte du métier d'écrivain (logo)À la découverte du métier d’écrivain

classe de CE2

Correspondance avec Gaïa Guasti.

Auteure de “La Dame aux chamélias”, livre lu en feuilleton.

(octobre 2011 – janvier 2012)

Nous avons correspondu pendant trois mois avec un écrivain, pendant l’écriture d’un de ses livres que nous lisions au fur et à mesure de sa production. Voici ce qu’elle nous a dit de son métier.

Gaïa, maintenant qu’on a l’impression de vous connaître un peu, on aimerait vous poser certaines questions, si vous le permettez.

Claire : Pourquoi voulez-vous être écrivaine ?

J’aime vraiment beaucoup mon métier. En écrivant je m’amuse, parfois même je pleure, j’ai l’impression de voyager et de vivre plein d’aventure sans quitter mon bureau… ça oui, c’est de la magie !

Thaïs : Comment imaginez-vous une histoire ?

Souvent c’est un détail qui fait naître une envie d’histoire. Par exemple, je rencontre quelqu’un et je me demande : C’est quoi sa vie, son passé ? Ou alors je vois quelque chose d’étrange sur la route, et l’imagination commence à galoper… Une histoire peut naître d’une toute petite chose.

Myriem, Inès et Yuna : Que ressens-tu quand tu écris un livre ou un film ? Prends-tu beaucoup de plaisir ?

Je ressens tout ce que vivent les personnages. Autant dire que je peux vivre dix vies à la fois, et que parfois c’est un grand bazar dans ma tête et dans mon cœur !

Nélian : Écris-tu d’abord sur une feuille blanche ?

Désormais j’écris directement à l’ordinateur. Mais quand j’étais plus jeune, j’écrivais sur des cahiers.

Yuna : Es-tu contente du début de cette histoire ?

Est-ce que je suis contente… Tu sais, je n’arrive pas te répondre ! Je suis encore trop ’dedans’ pour savoir si je suis contente de ce début d’histoire ou pas. Et vous (dites moi sincèrement !) êtes-vous contents ?

Inès : As-tu écrit d’autres livres ?

j’ai publié un roman jeunesse chez Thierry Magnier Editions : ’Mayo ketchup ou lait de soja’. Les personnages principaux sont deux enfants de CM2. En Italie, j’ai aussi publié un roman (pas ’jeunesse’ cette fois), mais en italien uniquement pour l’instant.

Amina : Fais-tu un autre métier ?

J’écris aussi des histoires pour les films, qu’on appelle des ’scénarii’. Je travaille également comme script-doctor pour le cinéma, c’est à dire que je lis ce que d’autres auteurs ont écrit et je fais une analyse de leur texte, pour les conseiller et les guider.

Yuna : Gagnes-tu beaucoup d’argent avec ?

Non, je ne gagne pas beaucoup d’argent ! Pour devenir riche en littérature, il faut écrire Harry Potter ! La plupart des auteurs gagnent leur vie modestement, mais je vais te dire, je suis tellement heureuse dans mon métier, que je ne le changerais jamais contre un autre pour gagner plus. L’important c’est d’être heureux avec ce qu’on fait.

Nélian : Petite, écrivais-tu avec une machine à écrire ?

Quand j’étais petite, j’écrivais sur des cahiers ou des feuilles en papier. Je ’volais’ la machine à écrire de ma mère très rarement, car elle était toujours en train de travailler dessus ! Puis, l’ordinateur est arrivé et a tout changé…

Thaïs : Voulais-tu être écrivaine, petite ? Sacha : A quelle âge ?

Je voulais en effet être écrivain quand j’étais petite, dès le CP je crois, mais je voulais aussi être plein d’autres choses ! Pâtissière, boulangère, paysanne, comédienne… Lorsqu’on est petit, on peut tout rêver, et on peut prendre son temps avant de choisir.

Lola : Trouves-tu ton inspiration dans ta vie, dans d’autres romans ?

Je trouve mon inspiration dans tout ce que je vis, dans ce que je vois, ce que je lis. Dans les récits de mes deux filles chéries, par exemple. Tout peut devenir une histoire, chaque personne que je croise peut être un personnage de livre. La magie et la poésie sont partout, il suffit de regarder le monde d’une certaine façon…

Ambre : Te sens-tu bien dans ton métier ?

Tu auras déjà deviné, oui, je suis heureuse dans mon métier. Ce qui est un petit peu plus dur est l’incertitude de savoir si les autres aiment ou pas ce qu’on écrit. Trouver un éditeur, par exemple, n’est pas une mince affaire au début. Il faut y croire beaucoup, longtemps, pour y arriver.

Inès : As-tu quelqu’un qui t’aide chez toi pour écrire ?

Mon mari et mes filles m’aident beaucoup. Le premier lit tout ce que j’écris, alors que les petites sont souvent à la source des histoires que j’ai envie de raconter. Elles ont des milliers d’idées, les coquines !

Gwendal : Combien de temps écris-tu par jour ?

J’écris tous les jours, trois-quatre heures peut-être, mais ça dépend beaucoup des périodes, il y a de moments plus intenses, d’autres où je suis plus perdue. Ensuite, il n’y a pas que l’écriture en elle-même qui nécessite du temps, mais la relecture, et puis la réécriture. Tu sais, une fois qu’on a écrit une première version d’une histoire, on n’a pas du tout fini le boulot : il faut repasser sur le texte plein de fois avant d’avoir quelque chose qui nous satisfait.

Yuna : As-tu un endroit précis pour écrire ?

Cette année j’ai la chance d’avoir une pièce pour écrire, mon bureau. Mais pendant longtemps j’ai écrit sur le tapis du salon, ou dans la cuisine… là où je pouvais !

Sacha : As-tu exercé un autre métier ?

Pendant que j’écrivais, j’ai fait plein d’autres métiers. J’ai écrit pour le cinéma, j’ai fait des sous-titres, j’ai travaillé dans une librairie, j’ai été serveuse, j’ai donné des cours particuliers… j’ai même été baby-sitter !

Claire : Écriras-tu d’autres livres ?

J’espère écrire plein d’autres livres dans le futur, si j’ai cette chance. J’ai presque fini un autre roman, d’ailleurs, pour des enfants un peu plus grands que vous.

Sacha : Lis-tu des histoires à tes filles ?

J’ai lu plein d’histoires à mes filles quand elles étaient plus petites, mais maintenant ma grande lit toute seule, et souvent elle lit des livres à sa soeur avant qu’elles ne se couchent (elles dorment dans la même chambre).

Romane : Vas-tu faire publier le livre ?

J’aimerais bien que La Dame aux Chamélias devienne un ’vrai’ livre, j’espère que ça se fera. Si tout va bien, ça devrait se passer comme ça.

Yuna : Veux-tu que ce soit un livre illustré ?

Mon éditrice n’a pas prévu d’illustrations, car ce roman est destiné à une collection de livres sans images. Et moi je ne sais pas dessiner !

Inès : As-tu déjà des idées pour l’illustration ?

En écrivant, j’ai eu plein d’images dans ma tête, même si je suis incapable de les traduire en dessins…

Sacha : Va-t-il sortir en BD ?

Je ne pense pas que cette histoire sortira en BD, mais bon, sait-on jamais, rien n’est impossible !

Yuna : Y a-t-il beaucoup de gaspillage de feuilles dans ton métier ?

Oui, malheureusement j’utilise beaucoup de papier dans mon métier, car pour relire j’ai souvent besoin d’imprimer et de voir le texte noir sur blanc. Relire sur l’ordinateur n’est pas du tout la même chose pour moi. Mais j’essaie de gaspiller moins en utilisant les deux côtés d’une feuille, et en utilisant autant que possible du papier de brouillon.

Myriem : As-tu pris plaisir à écrire ce livre ?

J’ai été très contente d’écrire ce livre, même si j’avoue que parfois j’avais un peu peur… Livrer son histoire aux lecteurs, alors qu’on ne sait pas tout à fait où l’on va, comporte une prise de risque. Les lecteurs peuvent vous dire : on n’aime pas du tout ! Et alors, c’est pas très rigolo…

Myriem : Penses-tu qu’il sera beaucoup apprécié ?

Maintenant je ne sais pas si cette histoire sera apprécié… Ce que je sais, c’est que mon travail n’est pas fini, je dois maintenant réécrire ce texte pour l’améliorer. Il peut encore changer !

Nélian : Tes personnages existent-ils dans la vraie vie ?

Mes personnages n’existent pas dans la vraie vie, que je sache au moins… Je les ai inventés. Mais puisqu’il y a de tout dans le monde, il se peut bien que des personnes comme eux existent vraiment, quelque part… Si tu les rencontres, surtout dis-le moi !

Gwendal : Aimes-tu la fin de ton roman ?

J’ai dû conclure mon histoire très vite, alors que je pensais pouvoir prendre plus de temps pour la finir. Du coup, j’aime bien cette fin, mais j’aimerais pouvoir la rallonger un petit peu.

Yves : Est-ce la fin que vous aviez imaginée en commençant ce livre ?

Ce n’était pas tout à fait la fin que j’imaginais… Je savais que Clarisse allait venir chercher les enfants, mais je ne savais pas trop ce qui allait se passer à ce moment-là. C’était un peu flou dans mon esprit. L’idée du gratin de morue est venue après.

Claire : Feras-tu un autre livre feuilleton ?

Je ne sais pas si je ferai un autre livre feuilleton. Peut-être ! On verra bien !

Ambre : As-tu aimé travailler en feuilleton ?

J’ai aimé travailler ’en feuilleton’, malgré la peur dont je vous parlais et un léger stress de devoir trouver des idées pour la date de mise en ligne. Ce qui est sûr, c’est que j’ai adoré vos commentaires !

Gwendal : Et travailler avec nous ?

Donc, oui, Gwendal, j’ai aimé travailler avec vous. Je vous remercie du fond du cœur pour ce cadeau.

Sacha : Continueras-tu à écrire des livres quand tu seras vieille ?

J’espère que je continuerai à écrire des livres pour toujours. J’aime beaucoup mon métier.

À la découverte du métier d’éditeur

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